La retraite pour faire quoi ?
Lorsqu’on parle de retraite chacune et chacun a son idée sur ce qu’elle devrait être, je n’envisage pas la vie de la façon commune, scindée en parties, enfance/éducation, adulte/travail, vieux/retraite.
Ce schéma ne me plaît pas et ne me correspond pas, je n’envisage pas ma vie selon un schéma défini, j’ai toujours évolué de manière à essayer de faire ce que je voulais, bien que nombre de mes choix ne soient pas le miens car il est assez claires aujourd’hui que beaucoup d’entre eux ont été définis non pas par ma volonté mais par ma génétique et mon environnement.
Ce constat tardif m’a frappé au décès de mes parents, je me suis rendu compte que beaucoup de ce que je pensais être mes choix ne l’étaient pas vraiment mais que j’arrivais à naviguer dans la vie en ayant l’illusion d’être maître de mon destin. Pour parler de la retraite qui marque la fin de toute activité professionnelle, j’ai constaté que dans mon environnement proche ou pas, cette période est marquée par la mort.
Je n’ai connu que des retraités de courte durée, qu’on parle de personnes ayant eues des métiers pénibles ou pas. Mon constat est que la retraite s’apparente bien souvent à une rapide arrivée entre quatre planches. C’est principalement la raison pour laquelle je ne l’attends pas, je ne la chéris pas et je ne la souhaite pas. Je n’envisage pas de fin d’activité tout court, ma fin d’activité sera ma mort et pas ma retraite.
J’ai toujours, dans ma vie d’adulte, travaillé pour les autres contre rémunération, à l’heure actuelle je ne suis pas riche, je ne suis pas pauvre et je ne peux pas me permettre de ne plus exercer une activité professionnelle. Je vais donc essayer de me créer mon activité qui durera quelques mois, quelques années ou qui ne finira qu’en même temps que moi. Et ensuite je verrais et j’aviserais selon les résultats obtenus.
Mais dans un monde idéal où la retraite permettrait de vivre du travail qu’on a fait pendant les trois-quarts de sa vie, je n’ai aucune idée de ce que j’en ferais parce que les plaisirs simples me satisfont amplement aujourd’hui. Ils ponctuent une vie qui dans l’ensemble n’aura bien souvent été que tracasseries, obligations et problèmes. Mais ils font tout oublier, alors dans une autre vie plus « facile » les aurais-je apprécier à leur juste valeur, je ne le pense pas.
Ainsi la retraite je ne veux pas la prendre, je veux qu’elle arrive sans crier gare, je veux qu’elle me tue à petit feu, doucement, paisiblement, sans plus de souffrances que les précédentes étapes.
Et que ma femme m’y accompagne jusqu’aux derniers instants.

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