L’IA en mode retour sur investissement
Il apparait assez clairement que les acteurs de l’IA entrent ou entreront au cours de la période 2025/2026 dans une phase de retour sur investissements. Selon leurs modèles les répercussions seront diverses et variées pour les consommateurs, utilisateurs finaux.
Une chose est sûre comme bien souvent il y aura immanquablement pertes et fracas.
Il convient en premier lieu de préciser que je ne possède aucun actif relatif à ces sociétés et que ce texte n’est que le reflet de ma réflexion en date de Juin 2025.
Les acteurs majeurs ont déjà implémenter leurs outils IA à leurs produits existant justifiant par la même une hausse des prix des dits produits, cela peut s’entendre par la relation contractuelle tout à fait hors normes des produits de services informatiques. En effet le fournisseur peut unilatéralement décider d’une augmentation du prix sous couvert d’en informer au préalable le client.
Cela soulève une problématique assez méconnue du grand public mais aussi de bon nombre de professionnels, le support des coûts de développement de nouveaux produits dans la tarification de produits existant.
En effet dans ce contexte propre à l’IA considérons que je souscrive à une offre de service de messagerie facturée 5€ par mois, au mois de juin 2025 on m’annonce que compte tenu de l’ajout de l’IA et de ses avantages indéniables mon coût mensuel pour ce service boosté à l’IA me coûtera dorénavant 8€.
On m’applique donc de fait 60% d’augmentation pour une option qui n’en est pas une puisque je n’ai pas la possibilité de conserver le produit pour lequel j’ai souscrit au prix fixé lors de sa contractualisation. Pour les services et outils informatiques en « libre service » ou open source la question ne se pose pas dans ces termes et ne sera pas discutée ici.
Cette façon de procéder des entreprises du monde de l’informatique est assez récente si on regarde un peu en arrière, elle a connue ses débuts dès lors que les logiciels ont commencés à être commercialisés en tant que services plutôt qu’en tant que produits. Commercialement parlant cela s’entend et lorsque le fournisseur et le client y trouvent leurs comptes, pas de problèmes.
Le véritable danger d’un tel modèle n’existe que pour le client, à ce titre les régulateurs en place, à mon avis, devraient se pencher sur la nature et les détails de ces contrats qui en l’espèce peuvent conduire à des situations problématiques à de nombreux niveaux. Au mien je me retrouve avec un service dont il me serait difficile de me défaire qui a subi une augmentation de 60% pour une option dont je n’ai que faire mais qui m’est imposée.
Pour bien saisir le caractère qui me dérange dans cet aspect faisons le parallèle avec une voiture qui est un bien matériel, j’achète donc ce bien avec les options de mon choix et je le paye. Cette voiture, comme la majorité des modèles récents, dispose d’un système de bord permettant d’ajouter des options logiciels, si je souhaite ajouter une option à ce système, par exemple la navigation GPS je dois souscrire un abonnement à ce service et lorsque je souhait l’arrêter je le peux. Sans que cela ne restreigne l’utilisation du système de bord dans ses fonctions initiales ni l’utilisation du véhicule.
Aujourd’hui dans l’informatique j’ai le sentiment que les options à la carte ont tendances à disparaitre, à mon sens, les retours sur investissements des développements tels que l’IA, colossaux, doivent se faire dès à présent ou dans peu de temps et les tarifications ne vont faire qu’augmenter. Compte tenu de la dépendance croissante qu’ont sus développés les acteurs majeurs du secteur il y a peu de chances pour que cela déclenche des débats ou des levers de boucliers.
On peut donc s’attendre à une hausse croissante et constante de leurs résultats, pour ceux dont les investissements en développement auront été réfléchis en fonction de leurs futurs facturation aux produits existant. Pour les sociétés basées sur des modèles « gratuits » je m’attends à plus de difficultés, notamment d’ordre juridique.
Pour d’autres sociétés qui n’ont pas ce levier de croissance ou plutôt d’amortissement de leur recherches et développement, je considère que nous sommes d’ores et déjà entrés dans une phase d’écrémage du marché de l’IA. Bon nombre de sociétés dont les produits n’apporteront pas de bénéfices d’ici à douze mois mettront la clé sous la porte.
Les sociétés qui ont de l’intérêt aujourd’hui sont celles qui pourront commencer à générer du bénéfice avec leurs produits et elles ne sont pas si nombreuses que cela. Derrière les effets d’annonces tagués IA se cache bien souvent une complexité à réaliser plus de chiffre d’affaires que d’ennuis déontologiques et juridiques.
J’entends très souvent parler de l’IA dans le monde médical, à mon sens les seules sociétés dans ce domaine à même de perdurer seront celles qui seront en capacité de fournir des outils de support au monde de la médecine et de la recherche tout en ayant à l’esprit de pouvoir rendre transparents leurs résultats. Je m’explique, il apparaitrait tout à fait improbable aujourd’hui comme demain qu’une IA quelle qu’elle soit diagnostique une maladie ou tout autre affection sans que tout le processus ayant amené à cette conclusion ne puisse être connu dans ses moindres détails.
En l’espèce et à ma connaissance il n’existe pas de modèles d’IA transparent. Je dirais donc que dans le domaine médical tout investissement dans l’IA serait très dangereux compte tenu de l’opacité générale de l’IA à l’heure actuelle.
Nous verrons en cette fin 2025 et début 2026 quels seront les acteurs émergents survivants, l’application et la réussite de l’IA dans le commerce traditionnel ne fait, pour moi, aucun doute. Il permettra à mon sens une meilleure compétitivité de celui-ci sur les acteurs du e-commerce, bien que je pense tout de même qu’à terme le monde du commerce et principalement ses acteurs, ses salariés en pâtiront grandement.
Les discours tenus aujourd’hui ne tiennent pas compte du bouleversement que l’IA engendrera sur le monde du travail en général, sur la société en général, les interactions physiques humaines se feront de plus en plus rares. Pour reprendre l’exemple du commerce traditionnel, une grande part de celui-ci est occupé par les DRIVE, vous passez commande en ligne et vous allez chercher votre commande. Celle-ci est préparé en magasin par un salarié, demain un robot remplira cette fonction, un robot chargera votre commande dans votre coffre, demain vous serez livré par un camion autonome qui déposera votre commande dans un box réservé à cet effet dans votre rue ou devant chez vous.
Aussi à ceux qui pensent que l’IA ne représente pas de dangers particuliers pour la société, je leur dirais que je pourrais être d’accord avec eux si et seulement si nos modèles de société étaient adaptés en conséquence et à la même vitesse que les modèles d’IA. La difficulté de mise en place de modèles de société est tout autre que celle des IA, elle s’entend en centaines, milliers d’années. Comment adapter la société aux bouleversements que générera l’IA ?
Les marchés ne fonctionnent pas à la même échelle que les sociétés humaines de moins en moins, les révolutions industrielles successives ont eues leurs aspects positifs dans un premier temps et leurs impacts négatifs des dizaines d’années plus tard. Les délais se raccourcissent de plus en plus entre les deux, on ne pense pas dans un premier temps aux conséquences et c’est fâcheux.
La sécurité en informatique n’était que peu présente dans les phases initiales il y a trente ans, aujourd’hui elle commence tout juste à être implémentée dès le processus de création, dans le meilleur des cas et c’est encore rare. Je doute énormément que toutes les conséquences d’un développement aussi rapide aient été appréhendées en amont.
Mais en termes d’investissement je dirais que les sociétés en mesure d’affecter dès à présent leurs coûts de Recherche et Développement à leurs clients et les sociétés ayant développées leurs propres IA internes dédiées à leur activité sont celles sur qui miser est le plus intéressant à court et moyen terme.

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